Le journal
TransparenceMardi 4 août 20267 min

Vidéos et IA : deepfake, voix de synthèse, montage automatique, ce qu'il faut signaler

La vidéo est le format où les obligations se cumulent : celles de l'AI Act, et celles des plateformes, qui vont parfois plus loin que la loi.

Une salle de projection, un faisceau de lumière
En bref
  • Un avatar ou une voix qui imite une personne réelle est un deepfake : mention obligatoire.
  • Une voix de synthèse qui n'imite personne d'existant ne remplit pas la définition du deepfake.
  • Le montage assisté, les sous-titres automatiques et l'étalonnage ne sont pas visés.
  • YouTube impose sa propre déclaration, avec démonétisation possible : la règle plateforme peut être plus stricte que la loi.

En vidéo, tout se cumule : image, son, texte à l'écran. C'est le format où l'article 50 s'applique le plus souvent, et c'est aussi celui où les plateformes ont pris de l'avance sur la loi.

Le cas clair : le deepfake

Une vidéo qui fait dire ou faire quelque chose à une personne réelle, un avatar reprenant les traits d'une personne identifiable, une voix clonée à partir de la voix de quelqu'un : ce sont des deepfakes. La mention est obligatoire, et elle doit être donnée au plus tard au moment où le spectateur est exposé au contenu, donc en tout début de vidéo, pas seulement au générique de fin.

Le cas discuté : la voix de synthèse qui n'imite personne

Une narration lue par une voix artificielle qui ne reproduit la voix de personne d'identifiable ne remplit pas, à la lettre, la définition du deepfake : il n'y a pas de ressemblance avec une personne existante. Les lignes directrices de la Commission, publiées le 20 juillet 2026, sont consultatives et ne tranchent pas tous les cas limites. Sur cette zone grise, la pratique se stabilisera avec les premières décisions.

Notre position : la mention coûte une ligne et vous protège des deux côtés, celui de la loi et celui de la plateforme. Nous la recommandons.

Ce qui n'est pas visé

  • Le montage assisté par IA : découpe, détection de silences, dérushage.
  • Les sous-titres générés automatiquement à partir d'une voix humaine réelle.
  • L'étalonnage, la stabilisation, la réduction de bruit.
  • La traduction ou le doublage, tant qu'ils ne modifient pas substantiellement le sens.
  • Les univers ouvertement imaginaires, exclus comme contenus manifestement fantastiques.

Le texte à l'écran compte aussi

Si votre vidéo affiche des textes générés par IA qui visent à informer le public sur une question d'intérêt public, le volet texte de l'article 50 s'applique, avec la même exception de contrôle éditorial humain.

Où placer la mention dans une vidéo

Le règlement demande une information claire, distinguable, donnée au plus tard lors de la première exposition. Concrètement : une incrustation dans les premières secondes pour un deepfake, une ligne de générique pour une œuvre artistique, et systématiquement une phrase dans la description de la vidéo, qui est lue par les moteurs et par les plateformes.

« Narration générée par synthèse vocale. Script original, relu et validé par notre équipe. » Une ligne, dans la description, sous chaque vidéo concernée.

Les règles de plateforme, qui s'ajoutent

YouTube est passé d'un système déclaratif à une détection automatique du contenu généré ou substantiellement modifié par IA. Les créateurs qui omettent de déclarer s'exposent à une démonétisation, au retrait de vidéos, voire à la suspension de chaîne. Meta affiche une étiquette « AI Info ». TikTok revendique plusieurs milliards de contenus déjà étiquetés grâce à ses outils de détection.

Retenez le principe : la loi fixe un plancher, la plateforme peut aller plus haut. Se conformer à l'AI Act ne vous dispense pas de lire les règles de la plateforme sur laquelle vous publiez.

Votre routine de publication

  1. Avant l'export : la vidéo contient-elle une personne, un lieu ou un événement réel recréé ou modifié ? Si oui, incrustez la mention dès les premières secondes.
  2. À l'export : ajoutez une ligne de méthode au générique si la vidéo est une œuvre.
  3. À la mise en ligne : renseignez honnêtement le formulaire de déclaration de la plateforme.
  4. Dans la description : une phrase qui dit comment la vidéo a été faite.
Questions fréquentes
Ma vidéo avec une voix IA doit-elle être déclarée sur YouTube ?

La déclaration YouTube vise le contenu réaliste altéré ou synthétique : personne réelle imitée, événement réel modifié, scène réaliste fabriquée. Une narration synthétique sur des images d'archives n'entre pas dans ces critères, mais la détection automatique existe désormais, et une mention en description reste la position la plus sûre.

Un avatar de présentateur est-il un deepfake ?

S'il reprend les traits d'une personne réelle identifiable, oui. S'il s'agit d'un personnage entièrement inventé, la définition n'est pas remplie, mais la transparence reste recommandée.

Les sous-titres automatiques sont-ils concernés ?

Non quand ils transcrivent une voix humaine réelle. C'est une assistance standard qui ne modifie pas le sens.

La mention doit-elle être visible pendant toute la vidéo ?

Non. Le règlement demande une information donnée au plus tard lors de la première exposition, et pour les œuvres, une divulgation appropriée qui n'entrave pas l'appréciation.

Sources
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